30 juin 2009
Mini Fastnet 2009 - Hennebont un jour, Hennebont pour toujours
Lundi 22 Juin, je prends enfin le départ de Kinsale.
En fin d'après-midi, la mer est plate et le vent évanescent. Les conditions sont très douces. Au vu des lettres collées dans ma grand voile, un équipage Irlandais s'écrit "Vive la France!". A la sortie de la rivière, une famille de dauphins croisent ma route. Le plaisir est bien au rendez vous de ces quelques premières longueurs.
Au petit matin, je traverse un banc de brume. On ne voit pas à 30 mètres et c'est bien évidemment dans ces circonstances que le Mer Veille ( l'instrument de signaler la présence d'un cargo) se manifeste! J'observe, j écoute, je suis en attente. Le cargo peut être loin mais je cherche dans la brume une étrave ou une ombre. Pas de bruits de moteurs.
Dans l'après-midi du mardi, le vent monte jusqu' à atteindre 25 noeuds. Je me prépare à essuyer un nouveau coup de vent en prenant deux ris dans la grand voile et en préparant le ris du solent.
Mercredi, j'atteinds enfin les eaux territoriales françaises. Le vent est cepedant mal orienté et je dois tirer des bords. Je choisi cependant de rester en tribord en maintenant une route vers le sud: le vent doit normalement prendre de la gauche.
Lorsque je suis à la Latitude de Douarnenez, le vent adonne de 70 degrés et je fais route au 90. Il faut cependant negocier proprement la chaussée de Sein que je dois longer.
Le vent semble mollir et il ne s 'agit pas de se retrouver emportée par les courants dans les caillous. Je mets donc du Nord dans mon Est !
Lorsque le vent tombe je suis à 5 milles au Nord de la Chaussée. Le courant me porte vers le Sud - Ouest puis, après la renverse, au Nord- Ouest.
Je passe la nuit dans les claquements de grand-voile et l'observation de la girouette.
J'atteins Douarnenez en fin de matiné, épuisée par le soleil.
Nous grutons vendredi et découvrons alors l'ampleur des dégats. Le bateau regagne le chantier d 'Hennebont d'où je l'ai sorti trois semaines plus tôt !
22 juin 2009
Mini Fastnet 2009 - Les affaires reprennent!
Les affaires reprennent !
J ai appele hier les Gourous de la construction navale, les puristes du sandwich carbone et... mes dommages ne semblent pas graves. Merci Remi!
J ai donc l esprit libere et je vais pouvoir aborder cette traversee avec tout le plaisir qui convient. Je pars donc cette apres midi pour Lorient. Je sortirai ensuite le bateau et Yann s occupera des reparations.
Je commence a etre bien integree dans le milieu de Kinsale. J aurais pu rester encore une semaine en participant a la Sovereign Cup, j ai meme un hebergement dans une famille Irlandaise!
J ai tout de meme hate de revenir en France car un certain nombre de sujets sont restes en attente. En fin de semaine, je passerai le test d effort et l echocardiographie cardiaque necessaires pour participer a la Transat. Ce sera l occasion de revoir Dany - cardiologue a l hopital Bizet - avec qui nous avions vecu de tres beaux moments en Melges 24 en 2002.
Je me rendrai ensuite a Dieulefit dans la Drome pour voir les travaux de ma tante, Jacqueline Carron, artiste peintre. Nous devons nous mettre d accord pour une decoration du bateau pour la Transat!
J attends la renverse de la maree et j y vais! Il y a " des airs" comme on dit sur le lac Leman.
21 juin 2009
Mini Fastnet 2009 - It happens !
La typologie de ce message laisse penser que je suis encore a Kinsale!
J ai repare hier la ralingue de GV et l enthousiasme revenait a chaque rivet fixe. J ai du aller aller a Cork acheter une perceuse, une pince a riveter, des rivets et de la colle car c etait introuvable a Kinsale. Sur le chemin de Cork, j ai fait connaissance avec mes voisins de ponton qui m ont apporte une aide toute aussi agreable qu efficace. C est donc dans la bonne humeur et la confiance d une proche liberation que je me suis livree a mes acrobaties dans le mat. Je me suis par ailleurs couverte de Sika, mais ca, c etait joue d avance !
Enfin, j ai decide de plonger afin de verifier l etat de la carene. En effet, je n ai pas mentionne un evenement important dans mon recit de course. Dans l approche du Fastnet, nous avons heurte un phoque avec la derive tribord. Nous n avons pas pu l eviter.
Nous virons le Fastnet dans un vent forcissant. Le bateau cavale et les conditions sont eprouvantes, Bientot, nous entendons des coups sous la coque. Je pense d abord a un haut fond. Nous sommes a un demi mille du Fastnet, il n y a donc pas lieu de s inquieter a ce sujet. Je me dis alors que le palan de quille a lache, mais, puisque je vois celle ci en position, je comprends qu il s agit d autre chose. Enfin, nous comprenons qu il s agit de la derive tribord. Nous parvenons a la recuperer mais elle est tres abimee. Dans l instant, nous ne nous affectons pas de cet incident. Il n y a pas de voie d eau et le mat est toujours en place, la course continue. On est dans le match!
J ai donc plonge hier soir. Et... a plusieurs endroits sous la flottaison et sur le flanc de la coque , la peau exterieure du sandwich est dechiree. Il y a des trous dans la coque.
Je ne peux pas evoquer cet accident sans penser aux heures passees cet hiver a reboucher chacune des rayures de la coque. J ai passe huit mois en chantier a m occuper de mon bateau avec tout le soin et la precaution qui s imposaient. Je voulais un niveau de finition professionnelle et je suis fiere de l avoir atteint.
Mais il y a maintenant d horribles trous dans la peau de mon bateau.
" It happens!" me dit Thomas, l entraineur Francais de l equipe Irlandaise d Optimist. " C est fait" et il faut penser a l avenir. C est amusant car Thomas a lui aussi un Mini sur plan Fauroux construit par Caparros a Antibes.
J hesite sur la suite a donner aux evenements. Rentrer avec une reparation approximative puis reparer en France ou reparer dans le chantier situe a proximite de Kinsale. J ai peur de tourner en rond a Kinsale et que les travaux n avancent pas au rythme voulu. Par ailleurs, je n aurais aucun plaisir a naviguer en sachant que j abime le bateau. Je dois manger mon pain noir, bouchee apres bouchee, jusqu a la derniere miette. " It happens!"
18 juin 2009
Mini Fasnet 2009 - Arret a Kinsale
Nous avons du faire escale a Kinsale ( Ireland) et abandonner la course.
J etais en retard sur la preparation du bateau. Mon long chantier de cet hiver s est finalement termine avec la fin du printemps. Je suis tres contente du resultat car le bateau est comme neuf et j ai beaucoup appris en termes de bricolage. En contrepartie je n ai pas navigue et je suis en retard sur un certain nombre de sujets ( reconstitution du materiel de securite endommage lors du retour des Acores, obligations administratives et medicales pour la participation a la Transat...). Nous avons passe une semaine intense a Lorient afin de regler des details sur la preparation du bateau. Je sais, depuis la course des Acores, qu il ne faut negliger aucun detail. Je suis tout de meme arrivee a Douarnenez avec une belle liste de taches a effectuer.
Le Fastnet etant ma premiere course et, etant en retard sur la preparation du bateau, je me suis accordee une certaine tolerance en me disant que c etait la course de mise en route et que l objectif primordial reste la Transat.
Je me rend compte en remontant sur le bateau que je me sens vraiment chez moi et je retouve vite les sensations. J apprehendais la reprise apres 8 mois sans naviguer, mais, comme dit Yann Elies "le bateau, c est comme le velo, ca ne s oublie pas!". En fait, c est tout simplement rassurant de sentir que l on peut s appuyer sur son experience et je me rend compte que celle ci a considerablement augmente avec mon aller retour vers les Acores.
C est toujours un regal de naviguer en baie de Douarnenez avec 75 Minis. Nous prenons beaucoup de plaisir a courir le prologue et nous terminons a une honnete 22ieme place en ayant la satisfaction d un depart tres ose mais amusant ( nous avons en fait vole le depart) et d une belle remontee sur les portants.
En revanche, je renvoie le spi pour la premiere fois depuis l affalee de celui-ci a la Nouch Sud aux Sables d Olonne et Benoit me signale qu il est dechire. Je ne m affecte pas de ce nouveau probleme, c etait previsible. Mais tout de meme, c est encore une tache a gerer.
Dimanche, je prend un mauvais depart. Nous sommes au milieu d un groupe de bateau et nous n avons pas de vent. " On est derjos" me dit Benoit en souriant! (Benoit est TOUJOURS positif!!!!).
Nous partons cependant du cote favorable avec plus d air et nous recollons vite au paquet. J adore cette longue sortie de la baie de Douarnenez. Nous tricotons tres bien dans ces conditions instables. Mon experience des regates de Dragon a Cannes et l experience du Tour de France de Benoit s accordent bien et nous faisons un tres bon travail. A la Basse Vieille, les premiers ne sont plus tres loin...
Au dela du plaisir de naviguer en Mini, j eprouve une grande joie a regater. Peut on rever mieux qu une flotte de 75 Minis regatant dans 15 noeuds de Vent dans le chenal du Four ? Pas sur...
Nous tactiquons efficacement et, au pointage 20 h, nous sommes ... PREMIERS !!!!!! Sur le moment nous ne le savons evidemment pas, mais nous avons conscience de notre bonne position.
J ai cependant un manque flagrant de vitesse au portant lorsque le vent monte. C est atterant! C est ainsi que nous voyons la flotte revenir a grand pas sous spi. Nous constatons donc, lorsqu ils nous doublent, que de tres bons concurrents etaient DERRIERE nous.
Mais pourquoi faut il que lorsque nous passons le phare de Wolfrock en Angleterre, il se mette a pleuvoir??? C est certainement le prix a payer pour naviguer sur le territoire de la Perfide Albion ! Et il n y aurait pas de satisfaction a passer ce phare si cela n etait pas difficile.
Les conditions pour acceder au Fastnet sont bonnes et je me surprend a penser " c est gagne, on va le faire!". Cependant mes quelques lectures de recits d alpinisme m ont appris que les problemes surviennent souvent a la descente, lorsque la concentration diminue et que la fatigue augmente.
Le vent monte a l approche du Fastnet. Nous sortons les longes de securite et les gilets de sauvetage puis rangeons le gennaker. Il y a 25 - 30 noeuds et 4 metres de creux. Des paquets de mer s ecrasent sur le pont et viennent rouler dans le cockpit. A 00h 30 nous passons ce phare mythique qui me fait rever depuis si longtemps. Il faudra evidemment que je revienne pour le voir de jour.
La nuit est tres difficile. Le vent monte. Il y a 30 noeuds etablis et une mer forte. La nuit est noir et nous subissons l assaut de la mer. "Cela va bien finir un jour !!" me dis-je. Le barometre ne cesse de descendre.
Nous enfilons les combinaisons de survie et reduisons la toile au maximum. En regardant ma trajectoire a posteriori, je constate que nous avons reduit beaucoup trop tard, ce qui nous empechait de faire du cap.
A 6 h00 du matin, Benoit et moi sommes motives et encourages par le jour qui se leve. Je m installe sous la casquette et Benoit prend la barre. Il constate alors que la ralingue de la GV s est arrachee du mat au niveau du troisieme ris. La sanction est immediate, la course est finie, il faut abandonner et prendre une decision. Nous n avons pas ferme l oeil de la nuit et sommes en hypothermie. Sur les conseils de Benoit, je gree la voile de cape qui, je crois, n avais jamais servie. Nous ne savons pas quoi faire. Benoit barre au 45, tandis que je barre au 100 ! Pour moi la solution raisonnable est de rejoindre le port le plus proche mais je m inquiete de ne pas avoir de carte detaillee des ports Irlandais. Rentrer en France sous greement de fortune est une solution risquee ( nous evoluons lentement sous greement de fortune et n avons pas de visibilite sur l evolution de la depression) mais qui nous eviterait de nous retrouver en TPS dans les rues d Irlande.
Je prends enfin la decision de rejoindre Kinsale a 10 milles de notre position. L enthousiasme revient apres cette decision avec la perspective de profiter d une Guinness au bar du Yacht Club.
Le vent tourne et nous devons tirer des bords sous greement de fortune. Il y a du courant et bientot nous nous eloignons du port. Je suis aux bords de la crise de nerfs. Tout devient difficile et il est hors de question de passer la nuit a tirer des bords ou a attendre la renverse de courant. J appelle des secours en VHF et nous voyons un petit cargo ( Granuaille ) se derouter. Il s agit en fait d un bateau dedie a la maintenance des balises. C est un plaisir de les voir manoeuvrer. Nous partons en remorque vers le port de Kinsale.
Un zodiac des cost guard vient enfin nous remorquer jusqu au port et nous profitons d un tres bel accueil.
Reste maintenant a organiser le retour de Benoit en avion et le mien en bateau. Je dois aussi revoir mon programme du mois de Juillet car il est evident que la preparation du bateau doit etre finalisee.
Je suis bien sur decue d abandonner cette course mythique, d autant que je connaissais la defaillance de cette ralingue depuis mon arrivee aux Acores. Mieux vaut que cette avarie survienne au retour du Fastnet qu au milieu de l Atlantique!
04 juin 2009
A l'eau ! Enfin ! Il flotte !
Enfin !
Le bateau est à l'eau depuis hier matin, 9h 30 ! C'est pour moi une vrai libération. Je suis arrivée samedi matin à Lorient et depuis ce jour nous n'avons pas arrêté de nous activer sur le bateau. J'avais quelques réparations à finaliser le samedi ( la lumière du réa de drisse de solent, quelques rivets à remettre sur le rail de mat,..) et nous avons quillé dimanche. Ce fut un peu compliqué et naturellement stressant ( je n'aime pas beaucoup voir mon bateau se balancer dans les airs). Mon bateau était déjà beau lorsqu'il était posé sur une palette dans le chantier, mais il était encore plus beau posé sur la remorque avec tous les appentices en place!
Benoît, mon équipier pour le Mini Fastnet , est arrivé Lundi et cela nous a permis d'avancer vite dans la préparation du bateau. Enfin, Mardi, j'ai pu voir mon bateau dans la lumière du jour et je me suis sentie libérée lorsque nous avons franchi la porte du chantier en direction de Lorient.
Nous avons gruté entre deux 60 pieds IMOCA ( Virbac - Paprec & ROXY) et c'est une satisfaction en soi.
Aujourd'hui nous finalisons la préparation ( réglage du mat, quelques bouts à passer, un peu de rangement) puis, météo ! ( c'est pour ça que je suis dans un café Internet) et cartes ! Nous partirons ce soir pour Douarnenez ( 80 milles de convoyage).
Première navigation de l'année sur le bateau... J'ai vraiment hâte de voir le Fastnet.

14 septembre 2008
SAS 2008 : La seconde étape

Arrivée aux Sables

Dernière marque de parcours : La Nouch Sud ( Photo : www.melaniebahuon.com)

Dernière manoeuvre de spi ( Photo : www.melaniebahuon.com)

Des zodiacs m'accompagnent avant de me prendre en remorque dans le chenal. C'est fini !



SAS 2008 : La première étape

Derniers préparatifs avant le départ

Sortie du chenal des Sables

Le parcours en baie

Arrivée à Horta ( photo : Mélanie Bahuon www.melaniebahuon.com)
24 juillet 2008
SAS 2008 : Le prologue
Le prologue, c'est la répétition générale. Nous devions courrir dans des vents évanescents, ce qui nous rassurait quant aux possibilités de casse. Nous avons cependant courru dans une brise de terre bien soutenue. Cette brise était d'ailleurs parfois dangereuse en raison d'importantes différences d'intensité.
Voici quelques photos !




Enfin un anémomètre qui fonctionne !
23 juillet 2008
SAS 2008 : Jauge et contrôle
L'événement le plus marquant de ce début de semaine fut certainement le briefing du radariste de la flotille 24. Cette flotille est en charge du "SAR " ( Search And Rescue) en mer et , avant que nous ne partions, il est bien utile que nous sachions à quels risques nous nous exposons et comment nous pourrions être sauvés si nous avions à connaître de sérieux déboires.
L'humour du conférencier était bienvenu, cependant, comment être insensible à ces images de voiliers coupés en deux et à ces histoires de naufragés errants sans être vus des secours?
J'étais donc inquiète après ce briefing mais j'ai dissipé ces craintes. Car, enfin, je n'en suis pas encore au stade du radeau de survie !
Toujours très professionnelle, l'organisation contrôle et marque toutes les voiles. Ce fut donc un joyeux débalage sur les pontons. J'en ai profité pour faire connaissance avec mon nouveau solent.


20 juillet 2008
SAS 2008 : Le jeu de la préparation
" C'est une sorte de jeu de l'oie" avais-je écrit après la régate des Trois Continents. J'ai maintenant bien intégré les règles du jeu et je m'amuse beaucoup lors des contrôles de sécurité. Le but étant de le boucler au plus vite !
Mais avec les Sports Nautiques Sablais, nous sommes entrés dans l'ère du contrôle sécu IN-DUS-TRIEL ! Non que le rythme soit particulièrement élevé, mais toutes les techniques de production industrielles sont là: 5 S, Kanban, planning, indicateurs à la cellule, gabarits de contrôle pour les chaînes de mouillage... C'est la chasse à l'improductivité !
Un homme grenouille plongera même demain pour vérifier que les quilles sont bien peintes en orange !


Des pharmaciens et des médecins contrôlent les pharmacies de bord. J'étais un peu gênée de leur donner ma pharmacie : un amoncellement de médicaments périmés dans des boîtes de carton détrempés.

Les bidons de survie font eux aussi l'objet d'un contrôle strict. J'ai pris soin de bien préparer ce bidon car depuis notre expérience du Fastnet je sais qu'il ne faut pas exclure la possibilité d'avoir à utiliser les fusées.

Le jeu continue demain avec la présentation des voiles et le contrôle des tampons de jauge. Pour l'instant tout va bien et le bateau est presque prêt.



